Il y a quelques jours, Riet D’Hont, la tête de liste PTB+ à Bruxelles-Halle-Vilvorde, me passe son « brusseleir », le journal à destination des habitants de la Ville de
Bruxelles. On trouve de tout dans ce journal communal. Mais deux articles m’interpellent particulièrement.
| «au total, 30 personnes sont décédées l’an dernier dans les rues de (la ville) de Bruxelles.» |
Ouf ! On se dit qu’on va savoir ce que la ville compte faire pour que l’année prochaine de tels drames n’arrivent plus. Et bien non ! On apprend que la Ville
«s’est engagée à avertir à temps des décès, à veiller à la qualité des soins portés au défunt lors de l’inhumation, à disposer les noms des défunts sur les parcelles, à fournir des fleurs, et
le transport des proches lors de la cérémonie funéraire. S’ajoute à cela l’acquisition [par la Ville] de deux corbillards aux plus démunis (…).» Sic.
| Entre mourir dignement et vivre dignement, notre monde politique aurait-il fait son choix? |
Dans un premier temps, on peut se dire que la Ville est
vraiment attentionnée mais d’un autre on ne m’enlèvera pas l’idée qu’il est inadmissible que 30 personnes meurent chaque année dans les rues d'une des villes les plus riches d’Europe. Comme cela
est-il possible? A aucun moment notre « brusseleir » n’évoque le problème. Entre mourir dignement et vivre dignement, notre monde politique aurait-il fait son choix?
Dans un autre article du même journal, on comprend un peu mieux le problème de la misère bruxelloise.On peut y lire que depuis 1998, le prix des loyers a grimpé de 25% (2,5 fois l’index). «Ce pourcentage peut grimper bien plus haut encore si l’on considère les loyers demandés par les logements mis en location durant cette période. Car la spéculation va bon train : tout propriétaire peut facilement louer son bien plus cher. Il lui suffit de se défaire de ses locataires, de faire quelques travaux de rafraîchissement et de relouer aux tarifs actuels.»
Quel est le résultat de toute cette logique ? L’article nous l’apprend : «nous consacrons un pourcentage plus important de nos revenus à nous loger, jusque 30 ou 40%, voir plus de 50% pour les ménages qui vivent de revenus de remplacement. Et cela sans viser le luxe précise l’article !»
Deux infos encore dans cet article : en Région Bruxelloise «environ un ménage locataire sur deux dispose d’un revenu net inférieur à 1000 euros. Et 28.000 ménages sont en attente d’un logement social alors qu’on en attribue entre 2000 et 3000 par an.»
Finalement l’article conclut pour vanter la politique de la ville de Bruxelles en matière de logement : élargir l’offre de logements de… 1,5%. Est-ce que le monde politique
a-t-il l'ambition de résoudre réellement les problèmes des gens?
Résumons :
> 30 personnes meurent l’année passée dans les rues de la Ville de Bruxelles.
> Conclusion de la Ville : améliorons quoi? ...la prise en charge des morts des rues.
> La Ville fait le constat que le logement en Ville devient complètement inabordable sans relier du tout ce problème aux morts dans les rues.
> Elle propose d’augmenter l’offre de logements pour avoir un peu plus de logements sociaux et de logements moyens. C'est un tout petit pas dans le bon sens. Mais veut-on réellement résoudre
le problème du logement ou pouvoir dire qu'on fait quelque chose pour se donner bonne conscience?
Que faire ?
C’est beau de critiquer et de dénoncer mais que proposes-tu ?
> Tout d’abord qu’on prenne véritablement le problème du logement en main. Il y a trente ans les ménages consacraient seulement 10% de leurs revenus à leur logement.
Aujourd’hui entre 20 et 50%! Qui en profite ? Les grands propriétaires ? Les banques ? Les employeurs ?
> Ensuite, une mesure urgente serait de bloquer les loyers.
> Par après, le gouvernement fédéral (qui est responsable de la loi sur les loyers) pourrait voter une loi pour réglementer objectivement le prix des loyers : pourquoi les prix des logements
ne seraient-ils pas fixés selon des critères objectifs, en fonction de la qualité du logement, de sa situation dans la commune, des équipements dont il est pourvu, etc.
> Finalement, on pourrait augmenter la part des logements publics pour répondre à la demande et faire chuter les prix du locatif privé en augmentant l’offre. Pourquoi ne pas faire aussi bien
qu’aux Pays-Bas? Ce pays compte plus de 30 % de logements sociaux, contre 7 % à peine chez nous!
Sources :
(*) Les citations du « brusseleir » sont issues du journal de la Ville de Bruxelles de mai 2007
(**) Plus d’infos sur le programme ‘logement’ du PTB+
Commentaires Récents